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 Cour de Tshiluba

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M'BUYI LADY
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MessageSujet: Cour de Tshiluba   Lun 7 Mai - 15:06

Cours de TSHILUBA


Le Kasaï, province diamantifère par excellence de l’ex-Zaïre devenu depuis République Démocratique du Congo et dont les ressources sont confisquées par un hold-up international organisé, est aujourd’hui complètement sinistrée et malheureusement très peu médiatisée dans la presse.

Le mot "Kasai" présente deux orthographes. Le plus ancien est "Kasayi" et le plus usité actuellement est "Kasaï". Avec la mondialisation apportée l'outil Internet, nous avons découvert que ce mot existe aussi en japonais. Pour nous africains, ce mot qui désigne une région du centre de la République Démocratique du Congo, est emprunté à un des affluents les plus importants du fleuve Congo qui lui déverse au niveau de la cité de Kwamouth ses eaux rougeâtres d'origine et qui se mélangent aux eaux noirâtres qui viennent du Lac Maîndombe via la rivière Mushie. Plusieurs formulations se sont succédées, à savoir Kassey, Kasye, Kassaba, Kassabi, nzadi, nsadi, Enzzadi, etc. Jusqu'à un récent passé, tous les vieux des villages Luba environnants appelaient le Kasaï du nom de "Nsadi".





La rivière Kasayï (ailleurs, on l'appellerait fleuve, tellement, elle est vaste jusqu'à atteindre 700 m de largeur à certains endroits) tire sa source dans les marais et lacs de la région de Dilolo au sud-ouest du Katanga, à la frontière avec l'Angola. Il coule ainsi du sud vers le nord jusqu'à Ilebo, d'où il bifurque vers l'ouest pour se diriger vers la cuvette centrale et terminer majestueusement sa course dans le fleuve Congo.


Sur son parcours, il reçoit les eaux de la Lubilanji (Lubilanji lua Tshilemba ou Kalelu, sur d'autres cartes Kalelu se nomme Luilu) devenue Sankuru à partir de Pania Mutombo, qui elle aura déjà englouti les eaux de la Mbuji-Mayi. Celle-ci recevra à Lusambo les eaux de la Lubi. En aval, la Lubi venait de recevoir pour sa part les eaux de la Lukula. Le Kasai sera rejointe par la Luluwa, plus loin par le Kwango-Kwilu et la Lukenie. Cette rivière longe les savanes herbeuses, les forêts galeries pour s'enfoncer totalement dans la forêt équatoriale au centre du pays.


insi, la région qui porte le même nom que ce cours d'eau couvre depuis le 25/04/1966 deux provinces administratives, à savoir le Kasaï-Occidental et le Kasaï-Oriental. Les deux sont issues d'une seule province de Lusambo érigée en 1933 pendant la colonisation belge. Elle deviendra plus tard la province du Kasaï et son chef-lieu fut Lusambo jusqu'en 1950. Suite à un match de football organisé par les autorités coloniales, Lusambo perdit son statut de chef-lieu au profit de Luluabourg. Auparavant, la reforme administrative du 18/09/1918 avait institué une province dénommée Congo-Kasayï qui durera jusqu'en 1933. Son chef lieu était Léopoldville. Du point de vue géographique, le Kasayi est situé en des

Cette région est bordée au nord par les provinces orientales et de l'Equateur, à l'est par les provinces du Maniema et du Katanga, au sud par le Katanga et l'Angola, et enfin à l'ouest par la province de Bandundu. Toute la partie nord et ouest de la région est couverte par la forêt tropicale, tandis que le sud et le sud-est sont envahis par la savane boisée. La température y dépasse rarement 32° et les minima atteignent dans certaines zones du sud-est les limites de 11°. Deux saisons alternent la vie des habitants. La saison des pluies qui dure près de neuf mois et la saison sèche qui va de juin à début septembre.


Coup d’oeil sur un riche passé:
La tradition la plus en vogue est d'écrire l'histoire de l'Afrique à partir de la colonisation ou de l'évangélisation. Ce qui ne nous semble pas être une vision juste. Ainsi tentons-nous de déborder ce cadre. Aussi loin que puissent remonter les recherches, il est prouvé selon les historiens que la partie du Congo située au sud de la ligne de l'Equateur aurait subi un climat glaciaire influencé par la position du pôle sud. Divers indices de glaciation ont été constatés au confluent de la Lukula et de la Lubi dans le territoire de Kabeya-Kamuanga, district actuel de Tshilenge, dans la province actuelle du Kasai-Oriental. Les experts estiment la période entre 500 à 200 millions d'années.


Plus près de nous, plus ou moins 500 ans après Jésus-Christ, on note la formation de l'unité Kuba, d'où naîtra le Royaume Kuba. Ce dernier serait fondé par Woot, le nymi (roi) mythique dont le descendant actuel Minga Kwete serait le 127 ème successeur. Une estimation semblable des scientifiques situe entre 520 et 845 après Jésus-Christ les dates de la formation probable de l'unité Luba, d'où naîtra le premier Empire Luba. Nkongolo Mwamba qui aurait régné au XVIè siècle semble être le premier monarque historique connu.


Vers 1585, se situe la fondation du second empire Luba par Ilunga Mbili. Cet empire atteignit son apogée à la fin du XVIIIème siècle sous le dixième mulopwe (empereur) Kumwimba Ngombe. Quant à l'empire Lunda, sa fondation est estimée vers 1600 par le chasseur Luba, du nom de Tshibinda Ilunga. Il introduira une nouvelle conception du pouvoir. Entre 1600 et 1930, c'est le règne du Nyimi Shyam a Mbul a Ngwoong, héros national Kuba. Celui-ci est considéré comme le véritable fondateur et organisateur de ce royaume qui atteindra son apogée par l'introduction de diverses innovations telles que la culture du maïs, du tabac, le tissage du raphia avec ses célèbres velours Kuba et la statuaire royale.


Non loin de ces territoires qui longent les eaux du Kasaï, s'installent vers 1650 les tribus ou ethnies Lunda, Pende et Mbunda, dans la région actuelle de Mai-Munene. Entre-temps, plusieurs peuples se meuvent dans la région et des combats se déroulent régulièrement pour l'occupation et la limite des territoires. Nous sommes déjà au milieu du 18 ème siècle. Les Arabes s'infiltrent sur le continent à la recherche des esclaves à partir de l'est du continent. Dès 1860, ils s'installent à Nyangwe, sur la rive droite de la Lualaba.


C'est à cette période que les historiens situent les premiers différents entre frères qui entraînent des émigrations par étapes des clans rivaux Luba. Tous partiront de l'est vers l'ouest en ayant comme seule instrument d'union la langue. Les Songye actuels seraient les premiers à partir, suivis par les fidèles à l'arrière-grand-père de Kalamba Mukenge. Ils trouveront déjà installés dans la région les Ba-Kete, Ba-Salampasu, les Bakwa Luntu et les Ba-Bindi qui leur offriront la place pour s'installer sur ces vastes et riches territoires.


Cependant, une analyse sereine face à quelques écrits disponibles, permet à tout observateur de se rendre compte que lorsque les premiers missionnaires arrivent au Kasayi en 1887, ils trouveront des peuples Lubas bien installés dans la région; D'autre part, les chasseurs d'esclaves venus de l'est du continent, rencontreront des chefferies installées et organisées. Ce qui laisse entrevoir que ces peuples sont installés depuis plusieurs dizaines d'années sur ces terres.
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MessageSujet: Re: Cour de Tshiluba   Mer 9 Mai - 5:24

Ici, il importe de relever que l'opération des entailles dans un arbre aussi dur et résistant comme un chêne n'aurait pu se faire qu'avec le concours des instruments tranchants. D'où il est sans doute admissible que les peuples en présence connaissent déjà l'usage du fer. Cela est certifié aussi par des évocations courantes des épopées de guerre entre différents empires ou leurs héros respectifs. On y évoque l'usage des lances, des machettes et autres couteaux tranchants. Ce qui est un signe visible d'une évolution positive ou une conséquence des échanges avec d'autres peuples si les intéressés n'avaient pas su développer une industrie de ce genre. Mais l'existence des mots comme "nsenda" (forgeron) témoigne de la pratique ou de la manipulation de l'acier ou de la maîtrise de cette profession.


Il faut avouer que si jusqu'à ce jour, l'affirmation liée à l'existence du site de référence de "N'Sanga'a Lubangu" reste crédible et incontestée, à notre connaissance, aucune étude n'a été encore entreprise, ni rendue publique par quiconque pour situer le site en question et déterminer l'itinéraire éventuel des vagues migratoires des habitants actuels du Kasaï. Ce sera dans le futur proche le rôle de nos chercheurs et historiens de tout faire pour enrichir notre patrimoine commun en vérifiant toutes ces données.


Parallèlement en Europe, c'est l'effervescence pour la recherche des colonies et des "terrae incognita". Diverses missions parcourent le continent, les unes à la recherche des sources du Nil, d'autres au nom de diverses Sociétés Géographiques. C'est dans ces conditions que Cameron traversera l'Afrique Centrale d'est en ouest en passant sûrement par le Kasaï. L'expédition durera de 1873 à 1875. Stanley et Livingstone n'ont jamais mis leurs pieds sur ces terres.


Dans l'entre-temps, les populations Tshokwe qui sont établies au sud du Kasaï ont des contacts avec les commerçants portugais installés dans le nord et le centre de l'Angola. Ils connaissent déjà l'usage des armes à feu. Monsieur Saturnino Machado de Souza sera le premier commerçant portugais à venir s'installer d'une manière définitive au Kasaï, après plusieurs missions de reconnaissance. Il s'établira au bord de la rivière Muanza Ngoma, dans le territoire du Chef Kalamba Mukenge.


Dès 1881, lorsque Stanley s'installe à Kintambo au Stanley-Pool pour y créer une station, qui deviendra plus tard Léopoldville, deux allemands Paul Pogge et Von Wissmann remontent la rivière Kasai à partir de l'Angola, jusqu'au confluent de la Lulua, où ils rencontreront le chef Kalamba. De 1881 à 1882, ces européens passeront leur temps à explorer les rivières Kasaï et Luluwa pour en déterminer l'itinéraire. Les rivières Sankuru, Lukenie et Lubefu seront explorées de 1884 à 1888, alors que parallèlement en Europe, le Comité d'Etudes du Haut-Congo se transformait en Association Internationale du Congo. Les écrits existant attestent que c'est l'allemand Von Wissmann qui s'est le plus engagé pour déterminer sur carte géographique le tracé de la rivière Kasayi. Il fera autant pour la Luluwa aussi.


Cette période sonne le glas de l'existence des empires, royaumes et autres structures traditionnelles qui régissent les habitants du centre du continent. D'un côté la pression des arabes et leurs armées d'esclavagistes foncent vers ces territoires pour y chasser les esclaves et de l'autre, les délégués européens recherchent des territoires à occuper. Ils sont suivis par une armée de courageux missionnaires protestants et catholiques, prêts à braver la chaleur, les moustiques, voire même le refus de leurs doctrines par certains groupes ethniques.

Curieusement, un certain Mwamba Mputu, grand-père de Luandanda, chef coutumier local de Bakwa Mushilu a déjà eu un rêve selon lequel leurs ancêtres vont revenir et ils rapporteront beaucoup de biens et du bonheur. Pour pouvoir les attendre, il initie un " tshiota " un feu, une danse et un rite qui l'accompagne. Les initiés sont priés de fumer de la drogue. L'influence de ce chef s'étendra de plus en plus loin et de nombreux chefs locaux viendront se soumettre à son autorité. Ce qui ne tardera pas à lui créer des envieux et des jaloux parmi ses pairs.
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