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 HOMMAGE A PATRICE LUMUMBA

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M'BUYI LADY
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MessageSujet: HOMMAGE A PATRICE LUMUMBA   Dim 6 Jan - 14:27

" Congolais et Congolaises, combattants de l'indépendance aujourd'hui victorieux.A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez " ineffaçablement " gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire glorieuse de notre lutte pour la libertés.


Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd'hui dans l'entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d'égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle
nous n'avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.


C'est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l'humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.


Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d'élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.


Qui oubliera qu'à un noir on disait "Tu", non certes comme à un ami, mais parce que le "Vous" honorable était réservé aux seuls blancs ?
Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi n'était jamais la même, selon qu'il s'agissait d'un blanc ou d'un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine Pour les autres.


Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même. Nous avons connu qu'il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les noirs : qu'un noir n'était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu'un noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.


Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d'injustice ? Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert, mais tout cela aussi, nous, que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre coeur de l'oppression colonialiste, nous vous le disons, tout cela est désormais fini.


La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants (...)".

La cérémonie officielle se termine dans la confusion. Le roi Baudouin envisage de rentrer immédiatement à Bruxelles.
Geste d'apaisement, le Premier ministre Lumumba, prononce l'après-midi, un discours de réparation. Les Congolais vont danser tard, très tard dans la nuit. Mais l'incident révèle d'un coup toutes les tensions, tous les malentendus.
Cinq jours plus tard, les soldats de la Force publique se mutinent. C'est l'exode des Européens. L'armée belge intervient. Le Katanga fait sécession. Les Casques bleus de l'ONU débarquent. Le début d'une débâcle de quatre ans. Juillet 60, le Congo se retrouve privé de tous ses cadres. Mais les Congolais reprennent l'appareil et réussissent à relancer le pays.
Cinq ans plus tard, la paix est revenue. Le Congo est uni.


Un bilan avec Thomas Kanza
- L'échec de la colonisation belge était très visible, très palpable, les cinq premières années d'indépendance. Les guerres civiles, les sécessions...
Le manque de cadres, l'incompréhension mutuelle. Monsieur Mobutu n'aura jamais d'excuses sur le plan historique. Quand il a pris le pouvoir en 65, c'est un pays uni, très fort. Et ses cinq premières années au pouvoir, de 65 à 70, c'était les cinq meilleures années. Là, quarante après, Mobutu est plus à reprocher que les Belges. Mais avec Mobutu, les Européens, les Américains qui étaient ses complices.



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